22 junio, 2013

Pourquoi sommes-nous sujets aux caprices de n’importe quel dominicain ? Pourquoi n’avons-nous personne pour nous venir en aide lorsque le besoin se fait sentir, pour nous défendre ? Pourquoi malgré notre statut d’étudiants nous sommes passibles de subir le pire des traitements que nous infligent les radicaux dominicains ? Ce sont, ces questions qu’ils s’entêtent à poser, ils osent même penser que tous les sorts qu’ils sont en train de subir là-bas, résulte d’un complot entre les deux gouvernements, un acte qui serait profitable au gouvernement dominicain. Nos confrères estiment que le leur n’a pas besoin d’eux, c’est pourquoi il les abandonne comme des chiens errants là-bas. Ont-ils raison de penser pareille chose ? Nous ne savons pas, mais analysons plutôt les faits. Quelle absurdité ! Quelqu’un qui a un statut d’étudiant dans un pays est contraint de rentrer contre son gré chez lui chaque moi, au cas où il ne rentrerait pas dans les limites fixées par les lois dominicaines, il a une amende à payer, variant de 800 péso à 10 000 et plus. Quelle aberration ! Car la session académique là-bas dure 4 mois pour certains, et 5 mois pour d’autres. Pourquoi contraindre un étudiant à rentrer chaque moi dans son pays pendant qu’il prépare ses examens ? Pendant qu’il doit étudier pour réussir ses cours. C’est un problème purement politique, mais le gouvernement LAMOTHE n’en dit mot, il consent tout et nos confrères là-bas vivent dans le stress et la peur. Comment peuvent-ils étudier en toute quiétude, s’ils sont constamment sous pression ? Pendant que j’ai transité à la République Dominicaine, en franchissant la frontière j’ai assisté aux abus des dominicains qui confisquent les passeports des étudiants haïtiens qui ne peuvent pas payer les amendes imposées par la loi sur la résidence des ressortissants haïtiens, certains sont même rentrés chez eux sans leurs passeports. D’après les dires de certaines victimes de ces actes que j’ai rencontrées, il y avait une délégation du gouvernement haïtien qui a assisté à une situation pareille au lieu de négocier en vue de résoudre à jamais ce problème, les membres de la délégation préféraient payer les amendes. Une fois de plus, l’État haïtien prouve clairement qui ne défend pas ses ressortissants là-bas, il se montre trop impuissant. Quant à l’ambassade d’Haïti là-bas c’est du pensionnat sempiternel. De tous les ambassadeurs que le gouvernement haïtien accrédite à l’étranger, celui de la République Dominicaine est toujours plus impopulaire et critiqué, parce que les problèmes qu’il est appelé à résoudre sont plus forts que lui et demeurent des problèmes liés à environ 200 ans d’histoire. Mais, il est une chose que je dois rappeler à tout le monde, le chef de la diplomatie demeure le président de la république, c’est lui qui détermine les grandes orientations ou les grandes lignes de la diplomatie de son pays, dans ce cas l’ambassadeur n’est qu’un tunnel au sein duquel des instructions passent en vue d’implanter les visions de la politique étrangère du pays. Par conséquent, un diplomate de caractère, ne se plie pas face aux malversations d’un système… Quand, plus rien ne va, quand il est appelé à prendre des décisions inappropriées à la réalité, il démissionne. Donc, la défense des ressortissants haïtiens là-bas qu’ils soient étudiants ou pas, dépend de l’État sur toutes ces formes et des instructions que le président de la république via sa chancellerie passent aux ambassadeurs qu’il y accrédite, si le sort des étudiants n’est pas la priorité du président, l’ambassadeur ne peut pas enfreindre à la règle dans la chaine de commandement. Haïti, étant un pays, basculé, piétiné, humilié, marginalisé par ses propres fils même après 2009 d’indépendance, devrait compter sur la formation de ces quelques peu de fils conséquents pour pouvoir sortir dans ce marasme généralisé au sein duquel, elle se trouve depuis. Mais, toujours est-il, nos dirigeants, n’ont pas foi en éducation, c’est justement une raison qui prouve leur désintérêt dans la situation de ces étudiants en pays voisin. Nous savons tous que l’État est garant du système éducatif et de la formation de ces cadres professionnels dans tout pays sérieux, c’est une évidence puisque c’est à lui de canaliser son développement en fonction d’un ensemble de systèmes adoptés et qui sont compatibles à toutes ses institutions et son modèle politique. Je dénonce en toute vigueur le laxisme de l’État haïtien vis à vis des sorts que nos frères subissent là-bas, l’État doit prendre sa responsabilité. Quand un parent envoie son enfant étudier en terre étrangère, c’est une responsabilité de moins pour l’État, cet acte devrait être apprécié et loué, non pas négligé et méprisé. Unissons-nous donc, pour dénoncer ces actes incongrus afin que l’État haïtien puisse prendre sa responsabilité en vue de défendre nos frères là-bas. Nous ne voulons pas un État domestique mais un État plein d’éthique.

14 junio, 2013

On a tous appris que la diplomatie, c’est la mise en œuvre des relations internationales, autrement dit, elle favorise la continuité de la politique intérieure des États sur la scène internationale. De ce fait, la diplomatie haïtienne n’aurait pas d’autre vocation que de promouvoir la politique intérieure d’Haïti à l’échelle internationale. Depuis les campagnes électorales jusqu’à date, il est deux concepts qui ont traversés tant bien que mal les débats et les discours des personnalités du gouvernement : le changement et la diplomatie d’affaires. À l’heure qu’il est, nous constatons, que seule la diplomatie d’affaires continue à faire son petit bonhomme de chemin. Bref, elle a supplanté le changement. La grande question que plus d’un citoyen avisé se pose, en majeure partie des étudiants, est la suivante ; Haïti, est-elle prête pour la diplomatie d’affaires ? À entendre parler 3 grands ténors de la diplomatie haïtienne (l’ambassadeur Patrick Saint Hilaire, Denis .P Régis et Guy Lamothe), j’ai appris que la diplomatie dans une certaine mesure a toujours été une question d’affaires et que le gouvernement LAMOTHE n’entend pas présenter la diplomatie uniquement sous l’angle des affaires mais, il tient plutôt à s’accentuer sur les affaires compte tenu de la situation post-séisme qu’il a héritée, laquelle situation ne nous ayant pas laissé trop de choix sinon que d’ouvrir le pays aux investissements directs étrangers générateurs d’emplois (dixit de l’ambassadeur Guy Lamothe). Selon ce dernier, les classes moyennes haïtiennes ainsi que la classe dominante ne pouvaient pas et ne peuvent jusqu’à date faire de grands investissements générateurs d’emplois. C’est pourquoi il est plus qu’impératif pour le gouvernement d’ouvrir le pays aux investissements directs étrangers. Malgré la volonté du gouvernement LAMOTHE, d’attirer des investisseurs étrangers en vue de créer de nouveaux emplois, il est trois phénomènes majeurs qui empêchent à cet idéal d’être concrétisé : 1. tout d’abord, il y a l’instabilité politique, car nous sommes l’un des rares pays de l’hémisphère ayant constamment des situations tendues, lesquelles situations étant issues de la folie de plus d’un d’être président. Par exemple, des conflits entre l‘exécutif et le parlement, le judiciaire et l’exécutif vice versa. Donc, nous connaissons toujours des crises pérennes. 2. Ensuite, nous avons un manque de ressources humaines qualifiées. Attirer des investissements étrangers sans doute pourraient changer les donnes, je n’en disconviens pas, mais, je suis plus que certain qu’ils ne seront pas totalement profitables aux autochtones mais plutôt aux allochtones (aux étrangers), si le problème des ressources humaines qualifiées et compétentes n’est pas résolu. Je profite de cette occasion pour féliciter le premier ministre puisque j’ai lu via le Nouvelliste, sur son récent voyage aux USA, il a visité trois des plus prestigieuses universités telles : Harvard University, Columbia University, Et enfin Massachussetts Institute of technologie et qu’il a pu bénéficier déjà 200 bourses d’études avec des promesses que le nombre continuera à s’accroître. Félicitations à vous Monsieur le Premier Ministre. 3. Le plus grand problème demeure la présence de la MINUSTHA sur le territoire haïtien, elle constitue, elle-même, une instabilité. Même quand la situation revenait à la normale, la présence de cette force étrangère sur le territoire haïtien gâcherait tout espoir d’ouverture à l’investissement. Nous ne sommes pas sans savoir que tout État ayant sur son territoire une force étrangère faire montre d’un signe d’instabilité. Nous n’ignorons pas l’approche de l’ambassadeur Guy Lamothe qui nous fait comprendre le degré de vulnérabilité du pays, laquelle vulnérabilité qui oblige l’État Haïtien à entamer les deux démarches, à savoir : attirer les investissements directs étrangers et travailler en même temps pour la stabilité politique du pays pour nous faire une image respectable et respectée sur l’échiquier international. Cette approche est louable, nous en sommes conscients mais, nous estimons que la diplomatie d’affaires prônée par ce gouvernement constitue un idéal qui sans doute se concrétisera dans les prochaines années si ce gouvernement accepte de se sacrifier pour le pays. Se sacrifier pour le pays veut dire quoi, poser la base ou le jalon pour l’établissement en bonne et due forme de la diplomatie haïtienne coiffée d’ affaires dans les années à venir. Il n’est pas obligatoire que les résultats soient rapides et immédiats, les résultats efficaces ne sont jamais prompts. Ils prennent du temps, ils ne se font jamais dans la célérité. Le souci de se racheter par devant la population pour des promesses faites peut tout gâcher, car la quête des résultats immédiats dans l’inefficacité c’est qui tue la mémoire d’un politique. À mon humble avis, si le gouvernement depuis son investiture quémandait dans les universités des pays amis d’Haïti des bourses d’études à compter de 2000 au moins par année pendant 5 ans, il aurait 10000 boursiers dans le pays à la fin de son mandat qui commenceront par travailler pour cet idéal qu’il prônait. En plus, cultiver la notion d’indépendance des institutions qui sans nul doute palliera les perpétuelles crises que nous connaissons. Autant que l’État haïtien dans son ensemble ne tient pas compte de la complexité des problèmes qui nous tiraillent ce sera toujours une descente vers l’abîme. À suivre…

10 abril, 2013

Depuis plus d’une décennie, on constate en Haïti que les écoles cessent d’être le phare éclairant les méandres sinueuses que doivent parcourir nos petits écoliers jusqu’à cette longue marche vers la guérison de leurs âmes. Au lieu d’être des boussoles, les écoles constituent à l’heure qu’il est, les outils d’oppression, certainement, il est de sérieuses rivalités entre professeurs et élèves pour leurs positions idéologiques. Ma conscience a été une fois de plus interpellée après avoir donné une conférence de concert avec mon collègue James OSNÉ au Collège Frantz Pallière, où l’on a pu constater un certain laxisme et désintéressement chez nombre de ces écoliers. On ne les calomnie pas, encore moins les juger, mais on a pu constater qu’ils ont subi l’influence négative de certains professeurs qui les ont inculqué sans nul doute la résignation, le silence absolu envers tout ce qui a rapport à la politique. Bref un silence déraisonné envers tout ce qui les concerne. Nous avons insisté sur l’implication des jeunes dans le processus de développement du pays, leur montrer le rôle qu’ils ont à jouer en tant que jeunes aspirant à devenir dirigeants, bref, à succéder les grands. On a pu vite constater qu’ils ne se sentaient pas concernés, et qu’ils n’ont rien à faire sinon que vivre tranquillement pour ne pas se créer des ennuis en dénonçant les abjections la plus totale du système. Étant donné que notre travail était de les sensibiliser, à non seulement remplir leur devoir civique à chaque fois l’occasion se présente mais aussi à s’impliquer grandement en vue de changer les donnes, nous avions fait le maximum d’efforts possible pour les faire comprendre que le pays n’a besoin que des jeunes dynamiques comme eux afin de pouvoir sortir du fond de ce marasme généralisé auquel il s’est trouvé. Le travail n’a pas été facile mais fructueux puisqu’un brave écolier du nom de Kevin Oreste, nous avait surpris en nous affirmant, qu’il se sent las des beaux discours qu’il entend à longueur de journées, mais il se méprenait véritablement de l’objectif qu’on s’est fixé, qui est loin de les faire gober de belles promesses, mais plutôt de les montrer qu’ils ignorent le pouvoir qu’ils possèdent en s’organisant pour manifester leur mécontentement à chaque fois que l’un de leurs droits inaliénables est violé. Ils ont fini par comprendre que tout comme nous autres les bénévoles qui sont venus jusqu’à eux pour donner la conférence ils sont des frustrés et mécontents du système. Donc, ils doivent se joindre à nous pour une bonne cause, afin de créer un espace où les générations à venir peuvent vivre en paix et en amour dans leur pays, sans penser que l’avenir est plus sûr ailleurs que dans le leur. Je leur ai partagé cette phrase « tout seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin », il n’est plus question d’aller plus vite tout seul sans pouvoir atteindre l’objectif fixé, mais il est crucial d’aller ensemble afin de non seulement arriver à destination, mais surtout être prêt à aller le plus loin possible. L’heure est maintenant venue pour que les écoles définissent leurs vraies priorités, elles doivent cesser d’être un lieu d’amplificateur de frustrations mais plutôt un endroit de guérison des esprits meurtris et contrits de mauvais souvenirs. Si les directeurs d’écoles ainsi que les professeurs ont peur de s’exprimer, d’émettre leurs points vue sur l’organisation et la gestion du pays, s’ils conseillent aux jeunes d’éviter le chemin menant vers la politique, de se taire malgré tout, nous aurons un pays livré à lui-même et où faire un enfant sera un crime contre l’humanité. Je leur ai clairement affirmé à l’instar de Thucydide un pionnier des relations internationales que « ceux qui ne se mêlent pas de la politique ne sont pas des citoyens paisibles mais inutiles » par conséquent, leur implication et leur participation dans la gestion du pays constituent non seulement un droit mais aussi un devoir. Honneur et mérite au directeur du college Frantz Pallière qui nous a accpeté à bras ouverts et qui a aussi encouragé ce projet relatif à la sensibilisation des jeunes haïtiens avenir du pays. À suivre…

29 enero, 2013

La liberté vous rendra réellement libre, Quand vous arrivez à vous accrocher à votre identité, quand vous cessez de vous assimiler à ceux qui jusqu’à date vous oppriment. Quand vous cherchez à ressembler à votre adversaire vous êtes zombifiés voire même momifiés, ainsi, condamnez-vous à être ce que les autres font de vous mais jamais ce que vous voulez vraiment que vous soyez. Personne d’autre que vous ne peut être le fruit du changement que vous voulez, car vous êtes le seul à savoir ce que vous voulez véritablement. Méfiez-vous donc de la stérilité d’un changement prononcé.
Le destin pour ceux qui y croient est sans doute le fruit et résultat de pénibles travaux et de grands sacrifices. C’est loin d’être un coup de chance comme beaucoup le prétendent, en fait c’est nous qui en sommes réellement le fervent artisan. Nous autres haïtiens, nous concevons l’école comme le fondement même de notre vie, mais un fondement qui s’affermit sur les bases d’énormes sacrifices. Malgré que les autorités n’aient aucun souci de primer l’éducation, nous y croyons fermement. Nombre d’entre ceux qui ont précédé ma génération sont allés à l’école à l’âge de 10 ans pour certains, mais pour d’autres 12 et 15 ans. Le kindergarden n’existait pas encore, on devrait directement entrer en classe fondamentale, mais une partie plus aisée avait eu la chance d’entrer dans une section qu’on appelait à cette époque « enfantine », sans doute, elle aurait équivalu au kindergarden d’aujourd’hui. Normalement, l’école la plus proche d’une communauté devait se situer à au moins une dizaine de kilomètres environ des habitats de ses écoliers. Ce qui fait que ces petits héros devaient se lever de très tôt les matins pour aller chercher de l’eau à environ 6 kilomètres de la maison dans des sources, prendre soin des animaux (dans le langage paysan, les changer) et ensuite revenir à la maison pour se préparer à aller à l’école. Après tous ces travaux effectués, les familles n’ont pratiquement rien donné à manger aux enfants, comment peuvent-ils être réceptif au message de l’instituteur ou l’institutrice ? Ce qui est surprenant, c’est qu’ils sont toujours brillants à l’école, beaucoup plus que ceux qui sont issus des familles aisées. C’est pour cela que je me rejoins à l’affirmation d’Alfred De Musset « Nul ne se connait tant qu’il n’a pas souffert », par le fait qu’ils soient venus de loin, ils ont marqué la différence en travaillant durement afin de transcender leur vie. Tout compte fait, nous avons compris et nous sommes conscients des difficultés auxquelles font face les parents de ces enfants, car ils sont des paysans qui attendent la récolte afin de pouvoir nourrir leurs enfants. La récolte couvre pour la plupart une saison, ce qui fait que si une famille n’avait pas réservé quelques greniers, elle risque de passer toute une péripétie lors de la période de sécheresse. Qui pis est, les écoliers après s’être revenus de l’école ne trouvent encore rien à manger, ils prennent malgré tout, leurs livres et leurs cahiers rédiger leurs devoirs et étudier leurs leçons. Souventefois, ils savent aller dormir sans rien prendre et leurs parents leur donnent de l’eau salée en vue de pallier à la faim qui leur tenaillent et leur tiraillent. Le lendemain matin, la même routine se perpétue tel le travail d’une machine programmée. Le plus étonnant c’est que ces petits écoliers réussissent avec brio tous leurs examens or nous savons que l’une des caractéristiques fondamentales de la performance d’un écolier dépend de son alimentation, sa nutrition etc. par contre malgré la sous-alimentation, les petits haïtiens s’en sortent fort bien. Marcher des kilomètres sans rien manger le plus souvent pour recevoir le pain de l’instruction est le sort de nos petits écoliers depuis plus d’une décennie. Haïti est l’un des rares pays de l’hémisphère américain à avoir des jeunes à être aussi accro à l’éducation malgré son sous-développement. Ils ne peuvent être bien nourris, ils ne peuvent pas se divertir, ils ne trouvent pas assez de matériels et d’outils éducatifs, mais ils font de l’’école leur vie et leur passe-temps. Si nous avions un système éducatif solide et structuré comme les autres pays de l’hémisphère, rien ne pourrait nous retenir. Malgré que notre système soit faible, nos petits écoliers, nos étudiants une fois laissés le pays brillent comme le soleil là où ils arrivent après avoir maitrisé la langue des territoires où ils étudient. L’école c’est réellement notre vie, mais une vie qui subsiste en raison d’énormes sacrifices, ce qui fait que nos écoliers et nos étudiants sont des héros. Apprendre et exceller dans la misère et la faim n’est pas aisée pour les faibles mais pour les forts. Ceux qui disent que nous sommes nuls et faibles doivent dorénavant savoir que notre faiblesse fait notre force.

30 diciembre, 2012

Chaque culture qu’on défend est un gain de plus apporté au progrès d’un pays. La culture haïtienne, étant une culture pluri originelle a pu, de par son originalité s’imposer comme une culture aborigène dans la région. En fait, au cours de la seconde moitié du XX ème siècle, la culture haïtienne était l’un des facteurs qui attiraient des touristes venant de partout à travers le monde, elle hantait tous les curieux pour plusieurs raisons. En voici deux parmi ces raisons : premièrement, elle a une source africano-francaise, deuxièmement, elle est une culture créole et indigène, bref la culture d’un pays qui est, et demeure le père fondateur de l’autodétermination des peuples. Avant tout une culture de liberté. Nos sites touristiques et historiques valaient tellement de grandes choses, au point que certains antillais, latino-américains, américains, européens, bref, beaucoup de citoyens du reste du monde savaient faire d’Haïti leur pays de chevet et/ou le plus grand rêve à concrétiser pour ceux qui ne l’avaient pas encore visitée, afin de non seulement passer de meilleures vacances, mais aussi de fouler cette terre mystérieuse de la première république noire du monde qui a démythifié la croyance erronée des blancs. En l’occurrence, la croyance faisant du blanc le civilisé et le dominateur et l’esclave le barbare et le dominé. À l’heure qu’il est, cette notoriété de jadis de notre culture n’est presque plus, compte tenu, des crises pérennes qui se sont succédé au pays durant ces 25 dernières années et des images négatives projetées d’Haïti à l’étranger. La meilleure façon d’exhiber au reste du monde de manière plus exhaustive les éléments forts de notre culture, serait de faire sa promotion, et l’unique moyen de la promouvoir c’est par le biais de la diplomatie culturelle qui aurait comme principale mission de défendre et d’exposer à tous notre culture dans son intégralité, depuis nos cascades, en passant par nos grottes, le vodou haïtien, les danses cérémonielles, le guédé, les temples vodouesques, la peinture haïtienne, les arts etc. De la même façon que les diplomates s’intéressent aux négociations économiques et politiques ils devraient du même coup faire le marketing culturel. Le travail du diplomate ne se limite pas seulement aux négociations économiques et politiques mais, il est aussi mandaté à vendre l’image de son pays via ses sites touristiques, historiques, sa culture pour ne citer que ceux-là. Il y a les arts, la peinture, les coutumes, la littérature haïtienne etc. qui s’imposent grandement dans notre région. Ce que nous déplorons, c’est le fait qu’il y ait des peintres haïtiens travaillant à la république dominicaine qui promeuvent la culture dominicaine, au détriment de la leur, mais s’ils trouvaient de l’encadrement du côté haïtien ils pourraient plutôt embellir la leur et l’honneur nous reviendrait davantage. Et le pire ce n’est pas seulement la culture dominicaine qu’ils promeuvent et embellissent, ils donnent aussi un essor considérable à l’économie dominicaine et de même, certains antillais connaissant la beauté et l’universalité des arts et des tableaux haïtiens profitent de la faiblesse de l’État qui ne donne pas d’encadrement à ses talents, sont venus à la république dominicaine et acheter ces œuvres à vil prix et interdisent aux artistes haïtiens de porter leurs noms dessus, pour la simple et bonne raison qu’ils vont eux même les revendre à des prix exorbitants avec leurs noms dessus comme s’ils étaient les réalisateurs de ces œuvres attrayantes. Mais ces artistes qui confrontent des difficultés pécuniaires sont bien obligés de se plier aux exigences combien honteuses et désobligeantes de ces colons acheteurs. Que faire nos diplomates et consuls haïtiens qui sont là-bas? C’est la question que plus d’un se pose mais la réponse est encore suspendue. Jean Robert François est un artiste haïtien travaillant en république dominicaine, son témoignage m’a beaucoup inspiré à écrire cet article puisqu’il s’est fait exploité là-bas, mais malgré tout il y est resté parce qu’il est en quête d’une vie meilleure qu’il estime ne peut pas trouver en Haïti. Nous avons beaucoup de responsabilité, nous qui sommes les aspirants diplomates, ne pas s’intéresser à la culture qui aussi est un facteur important dans notre diplomatie serait de manquer à une partie de la tâche qui nous est déjà incombée. La partisannerie diplomatique n’est pas favorable à Haïti, la diplomatie n’est pas l’affaire de n’importe qui, elle relève d’une certaine complexité que seuls ceux qui ont été dûment formés peuvent comprendre. Dans un pays où l’armée est absente comme Haïti, si je dois le rappeler, elle est l’outil indispensable de défense. Justement la défense est l’une des fonctions du diplomate, elle est davantage une défense des intérêts de l’État et de ses ressortissants un peu partout dans le monde, plus particulièrement : notre peinture. Si à l’intérieur du pays les artistes ne se sentent pas encouragés, encadrés et protégés ils vont s’émigrer en quête de vie meilleure, il y aura une fuite de talents, ainsi, qu’ils trouvent ou pas un changement complet de leurs modes de vie, une simple amélioration leur suffira pour ne plus manifester la volonté de retourner en terre natale et les mauvais traitements ne leur feront rien puisqu’ils trouvent une amélioration des conditions de vie et de l’encouragement en terre étrangère. Le diplomate en tant que promoteur de la culture ne doit pas avoir de préférence, il doit être laïque, certains de nos diplomates n’aiment pas le vodou, d’autres n’aiment pas le rara, et plus d’une autre facette de notre culture, donc il sera difficile pour ces derniers de mieux représenter et défendre tous les ressortissants, peu importe leur religion et leur rang social. Nous avons besoin d’une diplomatie réelle non formelle et représentative…

26 diciembre, 2012

À travers le monde entier il est plus d’un haïtien vivant à titre de résidant et non résidant, mais les reconnaitre se révèle une chose à la fois difficile et facile. Difficile pour tous ceux et toutes celles ne connaissant pas les mœurs et coutumes haïtiennes, mais facile pour ceux et celles qui les connaissent. Beaucoup d’haïtiens ayant éprouvé une certaine honte des images projetées et qu’on diffusées d’Haïti à l’étranger, n’aime pas trop se faire remarquer, c’est pourquoi certains d’entre eux au lieu de se présenter comme haïtien, préfère porter l’étiquette africaine, antillaise ou jamaïcaine, toute autre étiquette sauf la leur. Mais reconnaitre l’haïtien n’est pas un mystère, il ne suffit pas de voir la teinte épidermique pour dire que quelqu’un est ressortissant haïtien ou pas puisque le mariage des noirs et des blancs ont légué depuis plus d’un demi-siècle des preuves vivantes que les noirs ont de nationalités diverses. Pour ce faire, il suffit de connaitre les coutumes et mœurs pour déterminer l’haïtianité de quelques éléments culturels. Il existe plus d’un fait culturel laissant le champ libre à tout le monde les sachant de reconnaitre un haïtien partout il se serait trouvé, par exemple : l‘haïtien partout où il se trouve après avoir uriné crache dessus, c’est une façon, si je me rappelle bien des dires de mon grand-père de préserver sa force, de ne pas la perdre, l’haïtien natif le croit fermement et je savais assister à des querelles enfantines quand j’étais petit garçon à cause de cela. Des garçonnets qui se sont battus parce qu’après avoir fini d’uriner quelqu’un d’autre s’est empressé de cracher dans son urine pour s’accaparer de ses forces. Des fois certains parents en sont principaux concernés des disputes de leurs enfants puisqu’ils font accroire à ces petits que s’ils laissent d’autres enfants crachent dans leur urine ils vont perdre toutes leurs forces. Pour d’autres pays, c’est une rationalité étrangère et une aberration, car cela ne veut absolument rien dire. Mais pour l’haïtien, cela compte beaucoup et lorsqu’on se trouve à l’extérieur du pays l’une des façons la plus sûre de reconnaitre haïtien, c’est lorsqu’il a fini d’uriner. Donc, cracher dans son urine, s’avère un fait culturel déterminant dans l’identification haïtienne. Et il n’y a pas que cela, il y en a d’autres, Lorsque vous vous rendez dans les campagnes haïtiennes vous trouvez des personnes, par respect vous saluant de manière distinguée « Bonjou matant! Bonjou tonton! » Même quand vous ne soyez pas forcément l’un des leurs, mais tout bonnement ils vous manifestent du respect, de la révérence dans toute son ampleur, ce qui est paradoxal c’est que certaines fois, les gens qui vous saluent de la sorte sont souventefois plus âgées que vous. Nulle part dans ce continent américain, autre que dans les campagnes haïtiennes vous n’allez trouver des personnes vous saluant ainsi, avec tant de déférence. Autre chose, l’haïtien est très superstitieux, il n’est pas le seul à l’être, mais ses superstitions lui sont propres. Par exemple, quand l’haïtien sort de chez lui en vue de régler quelque chose, il peut sur la route déterminer s’il va réussir ou pas, c’est une simplicité qui est banalisée par plus d’un étranger mais demeurant une croyance incontournable pour plus d’un haïtien. Le fait de heurter son pied droit ou gauche contre une pierre est très significatif. Heurter le pied droit signifie que l’on va réussir la chose qu’on va entreprendre mais le pied gauche traduit le contraire. Outre toutes ces choses, on reconnait l’haïtien par son hospitalité et son sens du partage. D’ailleurs, C’est ce qui qui fait le poids même de notre culture. Haïti, si je dois le rappeler est le seul pays du continent américain à faire de l’hospitalité et du partage des éléments déterminants dans notre culture. Nous recevons même ceux qui disent et pensent du mal de nous comme frère sans arrière-pensée puisque la meilleure façon de clore la bouche d’un médisant c’est de lui permettre de rencontrer ceux qu’il médit. Tout comme on reconnait un haïtien partout où il se serait trouvé par ses mœurs et coutumes, bien évidemment, on peut reconnaitre tous ceux et toutes celles qui ont déjà visité Haïti puisque malgré les médisances, notre pays reste l’unique permettant à tous ceux le visitant de découvrir qui ils ou elles sont vraiment. La plupart des étrangers que j’ai rencontrés sont émus des choses qu’ils ont apprises ici et les expériences qu’ils ont faites. Notre chère Haïti n’est pas seulement une terre découverte mais elle est aussi une terre de découverte dans la mesure où tous ceux et toutes celles qui sont venus le visiter ont découvert qui ils sont et sont à jamais devenus des gens nouveaux.